Une Nouvelle Confirmation:

Philippe Lagarde

Les cellules métastatiques utilisent surtout la voie sanguine pour se disséminer. La stratégie thérapeutique du traitement des cancers devrait en tenir enfin compte et évoluer rapidement.

Les derniers travaux concernant la diffusion métastatiques des tumeurs cancéreuses commencent à lever définitivement le voile sur les mécanismes compliqués utilisés par la maladie cancéreuse pour envahir l’organisme du patient.

Les chercheurs du Weill Cornell Medecine college de New York ont analysé et montré les différents processus de la formation des cellules métastatiques et comment la maladie prépare les lieux où ces dernières iront se nicher. Ils confirment ainsi de nombreux travaux déjà publiés. Malgré une multitude d’obstacles un très petit nombre de cellules tumorales qui quittent la tumeur primaire (moins de 0,02%) vont réussir à rejoindre leur niche métastatique. Seulement certaines d’entre elles pourront se développer et seront décelées au bout de quelques mois par l’imagerie. Les autres, soit disparaitront, soit se mettront en léthargie: ce sont les cellules métastatiques dormantes. Ceci explique l’apparition souvent tardive des métastases décelables.

Ces travaux ont aussi le mérite d’apporter et surtout de confirmer des informations très importantes que nous pouvons déjà utiliser pour améliorer notre stratégie thérapeutique.
Trois informations sont en particulier fondamentales pour les thérapeutes :

  • Les cellules métastatiques se détachent de leurs voisines et changent de forme devenant allongées pour lui permettre d’envahir plus facilement le tissus environnant et traverser les parois vasculaires en particulier des neo vaisseaux (angiogenès) créés pour nourrir la tumeur, et ainsi rejoindre le courant sanguin. CES CELLULES METASTIQUES UTILISENT DONC LA VOIE SANGUINE POUR SE DESSIMINER. Ce détail est capital. La voie lymphatique est utilisée très tardivement. La technique du ganglion sentinelle n’a donc aucune fiabilité et ne sert à rien.
  • Les cellules du <> (ensemble des cellules saines situées à proximité immédiate des cellules cancéreuses), dés qu’elles sont infiltrées par les cellules métastatiques, entretiennent alors un ETAT INFLAMMATOIRE favorable à l’envahisseur. Elles libèrent des substances qui renforcent le comportement agressif des cellules cancéreuses et favorisent leur croissance. Elles provoquent l’accumulation de globules blancs particuliers, << les neutrophiles >>, qui favorisent eux aussi l’attaque et la progression des cellules métastatiques. Ceci fait évidemment penser aux conséquences négatives provoquées par les biopsies ( ou tout prélèvement) qui provoquent elles aussi des réactions inflammatoires pouvant être utilisées par les cellules malignes pour renforcer leur comportement agressif et faciliter leur croissance. On comprend la gêne et la discrétion des chercheurs sur leur travaux pour découvrir des examens permettant le diagnostic des tumeurs sans l’utilisation de biopsies tissulaires : les << biopsies liquides >>, recherche dans le sang de cellules cancéreuses circulantes (CTC) ou de débris d’ADN tumoral circulant ou encore de récepteurs HER2 éventuels. (Prof. PIERGA Institut Curie).
  • Devant une tumeur, on comprend donc que nous sommes dans l’incapacité, à ce jour, quelle que soit sa taille, de déterminer si des micro métastases existent ou non, si elles ont migré ou sont déjà en place. Cela devrait avoir pour conséquence de rende obligatoire un traitement d’urgence, dit neo-adjuvant, précédant systématiquement tout acte chirurgical.

Ces nouveaux travaux confirment des notions déjà soulevées par de nombreux praticiens. Nous avons déjà publié des articles allant dans le même sens. Les travaux sur l’angiogenèse étaient pourtant très clairs et permettaient à la logique de tirer déjà des conclusions identiques depuis déjà quelques années..

Ce qui est regrettable, c’est que la majorité des oncologues et chirurgiens sont restés, jusqu’à présent, hermétiques, sinon indifférents, ..et continuent de l’être.
Je terminerai sur un passage de l’introduction d’un ouvrage écrit par le Prof. POUYARD (institut Curie) publié en 1962 :
<< L’urgence en cancérologie n’est pas d’opérer, mais de traiter les micro métastases, en général non décelables >>.

A bon entendeur salut !

Dr. Ph. Lagarde

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Qui est le Dr. Lagarde

Philippe LAGARDE est un médecin connu, spécialisé en oncologie, mondialement connu pour sa conception particulière de l’application des traitements de chimiothérapie et son grand dévouement pour ses patients touchés par le cancer.

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